Personne n’épouse les méduses

Création 1999

Pièce pour 12 danseurs
Chorégraphie Angelin Preljocaj
Musique originale Maxximum SC
Musiques additionnelles The KLF, Antonio Vivaldi, Joan Baez, Ana Rago et Sergio Leonardi, Dimitri Chostakovitch
Scénographie, costumes Adrien Chalgard
Assisté de Sylvie Meyniel pour les costumes
Patrick Riou et Thibault Leblanc pour les lumières
Danseurs à la création Isabelle Arnaud, Julie Bour, Célina Chaulvin, Olivier Dubois, Sébastien Durand, Sergio Diaz Gomez, Sylvain Groud, Karine Mommessin, Colette Maynard, Loïc Noisette, Stéphanie Pons
Coproduction Festival Danse à Aix, Festival d’Avignon, Théâtre de la Ville-Paris, Les Gémeaux-Sceaux-scène nationale, La Coursive-scène nationale de La Rochelle, Theater der Stadt de Reimscheid (Allemagne) et Ballet Preljocaj
Avec le soutien du Groupe Partouche Casino municipal d'Aix / Thermal
Durée 85min
Première le 21 juillet 1999, Festival d'Avignon, Cour d'honneur du Palais des papes

« La brûlure qu’elle me causa parcourut mon corps comme une onde électrique.
Je ne comprenais pas, j’étais dans l’eau, mes mouvements étaient fluides, lisses comme du verre poli. L’élément liquide semblait accepter mon corps enchâssé librement dans sa structure aqueuse, lorsque la piqûre rétracta mes muscles. Sur le ventre, elle était venue du tréfonds de l’eau, poser son baiser brûlant contre mon ventre qui s’absorbait lui-même dans un mouvement de vrille, intérieur et douloureux.
Juste avant, la nage semblait sceller les noces secrètes entre l’eau et la chair.
La méduse s’était interposée comme pour témoigner du mensonge, de l’imposture, elle venait insidieusement interrompre un mouvement continu et paisible, comme pour signaler qu’il existe autre chose, d’autres lieux, d’autres mystères. En effet !
Je l’aperçus, elle chaloupait tranquillement à mi-hauteur puis disparut subtilement comme happée par l’abîme.
Je m’éloignais, sortis de l’eau, je me séchais.
Hagard, je quittais la plage, parcouru d’étranges sensations. Il me sembla que cette rencontre avec cette créature gélatineuse au mouvement souverain dont la robe en corolle ondoyait doucement, n’était qu’une aventure fugitive et sans lendemain.
Certes, elle était belle, mais vraiment trop cruelle ; d’ailleurs, pensais-je, aussi brûlants que soient leurs baisers, personne n’épouse les méduses... »

Angelin Preljocaj

Autour de la création