Soul Kitchen

CRÉATION 2019

Pièce pour 5 détenues du Centre pénitentiaire Baumettes II à Marseille
Chorégraphie, scénographie et costumes Angelin Preljocaj
Assistants artistiques Céline Galli et Guillaume Siard
Musique 79D
Musiques additionnelles Richard Wagner, The Doors
Lumières Julien Guérut
Production Ballet Preljocaj
En partenariat avec le SPIP (Service Pénitentiaire d’insertion et de probation des Baumettes II) et le Centre Pénitentiaire de Marseille
Avec le soutien de la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires Sud-Est, Ministère de la Justice - Direction régionale des Affaires Culturelles Provence-Alpes Côte d’Azur Ministère de la Culture
Coproduction Festival Montpellier danse 2019
Durée 30 minutes
Première le 20 juin 2019 au Pavillon Noir à Aix-en-Provence

Soul Kitchen est la restitution des ateliers chorégraphiques hebdomadaires conduits entre mars et juin 2019 avec des femmes volontaires du centre Pénitentiaire Baumettes II à Marseille. Grâce à des autorisations exceptionnelles de sortie, elles se sont produites au Pavillon Noir et dans le cadre du Festival Montpellier Danse 2019.

« Après plusieurs interventions en milieu pénitentiaire sous forme de présentations d’extraits de répertoire, m’est venue l’idée de pousser plus loin cette relation particulière avec des personnes détenues. J’ai alors décidé de mener une série d’ateliers qui déboucheraient sur des représentations en public. Une manière comme une autre de mettre en lumière celles que le parcours de vie a conduit entre les murs, et par là même de questionner le regard que l’on porte en général sur la population carcérale.

La reprise en mains de leurs corps, la question de l’exiguïté de l’espace, la réappropriation du toucher à travers un travail de contact improvisation, ont commencé à structurer ma démarche. Et puis très vite s’est imposée l’idée que la prison, qui a pour vocation l’exécution d’une sanction pénale, a pour conséquence la privation de liberté à laquelle s’ajoutent de multiples pertes sensorielles dont celles du goût et de l’odorat. J’avais d’ailleurs remarqué lors de discussions avec des personnes détenues, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, que nombre d’entre eux cuisinaient dans leur cellule.

En intégrant ces questions de goût et d’odorat au training qui développe l’éveil de sensations propres à la danse tels que l’équilibre, le toucher, l’ouïe ou la vue, j’ai cherché à mettre en place non pas un spectacle mais plutôt un espace d’exploration sensorielle incluant des processus de mémorisation du mouvement permettant l’élaboration d’un langage corporel commun.

La relecture de textes d’André Gide ainsi que les personnalités singulières de ces cinq femmes ont fini de me convaincre qu’à travers la mise en conformité des cinq sens pourrait se déclencher l’ouverture d’un espace intérieur du corps permettant peut-être déjà de le projeter ailleurs.

Une petite évasion… en toute impunité. »

Angelin Preljocaj

AUTOUR DE LA CRÉATION