« Suivront mille ans de calme s’inscrit dans une veine poétique et impressionniste comme un travail consécutif à une lecture assidue mais non raisonnée de l’Apocalypse. Il faut donc s’abstenir de chercher là, toutes images ou clichés illustrant directement ou de façon trop référentielle le fameux texte de Saint Jean.
Source féconde d’inspiration, le mot même d’Apocalypse, (du grec apo : soulever et calypsis : le voile), n’en évoque pas moins l’idée de révéler, de dévoiler, ou de mettre en évidence des éléments qui seraient présents à notre monde, mais soustraits à nos regards.
Ainsi s’agirait-il davantage d’évoquer ce qui se love dans les replis de nos existences plutôt que de prophétiser des déferlements compulsifs de catastrophes, de destructions irrémédiables ou d’imminence de la fin des temps.
La danse, art de l’indicible par excellence, n’est-elle pas quand il s’agit d’endosser le rôle de révélateur (au sens photographique), la plus à même de remplir cette fonction délicate de mise à nu de nos peurs, de nos angoisses, et de nos espoirs. Elle souligne implacablement l’entropie des molécules, programmée dans la mémoire de nos chairs qui annonce l’Apocalypse des corps. Elle stigmatise nos rituels, révèle l’incongruité de nos postures qu’elles soient d’ordre social, religieuses ou païennes.
Suivront mille ans de calme voudrait effleurer cette dérive aveugle des corps, ballottés par des idéaux et des croyances, un peu perdus entre les lignes de l’Apocalypse. »
LA PRESSE EN PARLE
« Pour son entrée au Bolchoï, le chorégraphe frappe fort et laisse le public les yeux écarquillés. »
Le Figaro et vous
« Sur la musique synthétique et hypnotique de Laurent Garnier, le chorégraphe livre une pièce inspirée, dense et intense sur le thème de l’Apocalypse. »
Le Journal du Dimanche
« Cette œuvre de Preljocaj, d’une haute ambition manifeste, très écrite, abonde en mouvements collectifs spectaculaires, dans le but vraisemblable, à la faveur de la rencontre avec les artistes du Bolchoï, d’organiser une synthèse puissante sur l’état du monde ici et maintenant, dans une perspective humaniste plutôt désespérée, qui ne tablerait plus, au fond, que sur le silence des agneaux. »
L’Humanité